Quelque chose

juin 30, 2008

La fureur de Roland, en somme, c’est d’être privé du langage ; d’avoir à hurler faute de savoir encore parler dans un nouvel ordre des mots où l’idéalité ne fait plus loi. Et au coeur du Roland furieux se découvre ainsi une expérience-limite, qui révèle l’essentielle précarité de l’être parlant, toujours tenté d’idéaliser et toujours en risque, de ce fait même, d’être privé de soi, redevenant moins que l’animal du simple fait qu’il avait cru être un ange. Les plus nobles, ainsi Roland, n’étant pas les moins menacés.

Yves Bonnefoy, préface de Roland furieux de L’Arioste

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