dans cette chambre là-bas
un amas chaud et sucré
semble dormir dans un coin
sous cette couverture pourtant
parmi tous ces papiers
s’offre tout un monde de possibles
de le savoir là
sous cette couverture
me remplit d’une joie indicible
dans cette chambre là-bas
dans ce coin
une promesse…

novembre 2006

une route – la mer – le ciel et toujours la route – et toujours la mer – et je voudrais marcher et encore marcher, ne plus rien sentir que la route, le ciel, l’horizon, mes pieds sur la route, le silence, un léger souffle de vent, et sentir que tout est à sa place, que rien d’autre n’a d’importance – et cela me semble impossible, que jamais je ne serai libre.

27 janvier 2008

- Je voudrais tellement qu’on s’arrête. Je voudrais tellement que tout s’arrête, regarde-moi, regarde-nous, des fantômes, tout ça n’existe pas, nous n’existons pas.
(une musique se fait entendre au loin) Entends-tu cette musique ? d’où vient-elle ? J’ai presque l’impression qu’elle vient du plus profond de mon être. Mais ce n’est pas moi. Ce n’est pas moi. Je suis vide. Je suis le vide qu’elle remplit. Sais-tu que longtemps je ne l’ai pas entendu, elle était là juste à côté de moi mais je ne l’entendais pas et puis elle me l’a fait entendre et depuis… depuis je l’entends, je la vois, je la sens et je ne sais plus si je voudrais ne jamais l’avoir entendue ou si je voudrais m’y fondre et ne plus rien ressentir d’autre. Et tout s’embrouille, je ne sais plus si c’est à cause d’elle, grâce à elle ou si cela avait commencé bien avant. (regardant la petite fille) Je voudrais tellement qu’elle l’entende, je voudrais tellement savoir si elle l’entend, si elle l’entendra, je voudrais tellement savoir pourquoi.

- Continuons

- Ne peut-on pas s’arrêter un peu, juste un peu, pour une fois, faire comme si rien n’avait d’importance, comme si nous n’avions pas à savoir pourquoi, comme si tout allait bien. Regarde tout n’est-il pas parfait. Regarde l’herbe verte sur le bord du chemin, le soleil, les nuages. Regarde on pourrait faire comme si…

- S’il-te-plaît continuons, tu sais bien que….

- Je sais bien que…

- S’il-te-plaît, ce sera plus facile si… De toute façon il faudra se remettre en route un jour ou l’autre

- Se remettre en route…

- Oui c’est mieux

- Est-ce que je suis folle dis-moi?

- Tu m’as déjà posé la question. Tu te souviens?

- Oui. Ce serait trop facile

- Trop facile

2008

Dans la forêt, ils marchent

MATHIAS s’adressant aux regards qu’il sent sur lui :
Qu’est-ce que vous avez à me regarder ?
C’est facile de rester là à me regarder, moi aussi je peux le faire, c’est moins facile de parler, de me dire ce que vous voulez !
Allez-vous faire foutre ! vous m’entendez ? allez-vous faire foutre !
Que de la merde !
Vous n’existez pas ! vous m’entendez ? vous n’existez pas ! Que de la merde !
Il n’y a que moi ! que moi ! vous n’existez pas !
Il tombe à genoux.
Mon dieu qu’ai-je fait ? qu’ai-je fait ?

L’AUTRE :
Tu en avais besoin

MATHIAS :
Besoin.
Besoin de quoi ?
De disparaître ?
De ne plus être ?
Pourquoi ?
Pour ne plus avoir à répondre à cette question ? pourquoi ? pourquoi tout ça ?
Pour ne plus avoir à faire de choix, pour ne plus être responsable de rien.
Mais que fait-on maintenant ?
Tout ça n’est que moi, tout ça n’était que moi.

L’AUTRE :
L’important c’est ici et maintenant

MATHIAS :
Ici et maintenant.
Perdus dans cette forêt, entouré de tous ces regards que j’ai créé pour ne plus voir, pour ne plus avoir de pensées propres.
Ils sont toujours là et je ne comprends pas, je ne comprends pas pourquoi, je voudrais tellement pouvoir, pouvoir tout laisser partir. Et je sens tout cet amour, tout cet amour dans ces regards qui n’existent pas. Mais c’est moi, j’ai créé tout cet amour.
Montrant la petite fille
Regarde-la.
Elle était tellement joyeuse mais il a fallu que…

L’AUTRE :
Qu’a-t-il fallu Mathias ?

MATHIAS :
Il a fallu que…

mai 2009

Autres textes :
Premiers poèmes
Premiers textes
Meurtre à Slite
Livre – Quelques pas d’ici à là-bas

Laisser un commentaire