Paris
Ecole d’Architecture de Paris-la-Villette – 2001-2003

 

Approche sensible d’un lieu – 3ème année

 

L’exercice consiste à se promener dans une rue, ici la rue du Faubourg-du-Temple qui se transforme en la rue de Belleville, et à retranscrire soit par le dessin soit par l’écriture, les impressions, toutes les choses que l’on ressent en se promenant dans cette rue et à le transmettre aux autres étudiants du groupe pour ensuite en discuter et déboucher sur un éventuel projet.

 

Tout d’abord j’ai tenté de retranscrire mes impressions par l’écriture puis après quelques tentatives, je me suis tournée vers le dessin. Ce qui m’a le plus frappé dans cette rue ce sont tous les passages et la diversité des rues et boulevards qui la traversent. Après les avoir presque tous dessinés je me suis retrouvée avec une sorte de story-board d’une marche dans la rue. Et à partir de ce story-board j’ai écrit deux histoires qui retranscrivent les sensations perçues par des personnes dans cette rue en partant de mes propres impressions.

 

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Voici la première des deux histoires :

 

TOUDIC

 

Un jour, un homme descend à la station de métro République et s’engage dans la rue du Faubourg du temple. L’espace d’un instant la peur le prend, ne sachant ce qui lui arrive il avance prudemment comme redoutant quelque chose. L’endroit lui semble familier, est-ce cette rue qui traverse la rue du Faubourg du temple ? Il avance de quelques pas, observe le café au coin, traverse enfin la rue en retenant sa respiration. Rien, cette rue ne lui dit rien, mais l’étrange sensation qui l’a assaillit quelques instants auparavant est toujours là, bien là. Il se demande que faire, quitter la rue – non, il veut savoir.

 

ferry

 

Il se remet en marche, lentement, l’estomac noué. Quand est-il venu ici ? Qu’est-il venu y faire ? Que lui est-il arrivé ? Impossible de se rappeler. Un nouvel obstacle vient se mettre en travers de son chemin, une autre rue, cette fois plus large, certainement un boulevard. Ici la peur est moins intense, mais elle est toujours prête à ressurgir au moindre signal. Il avance, regarde la plaque « boulevard Jules Ferry », sentant la pression se relacher à la lueur de cette indication, il décide de se reposer quelques minutes sur un banc. Entouré de gens qui lisent et discutent, il se sent mieux, mais il veut savoir.

 

centre médical

 

Inexorablement il se remet en route. L’espace de deux minutes, dans un état second, rien ne l’atteint. Mais soudain cette enseigne : « centre médical », comme un appel venu du fin fond de sa mémoire. Tel un somnambule, il se rapproche, entre sous le porche plien de câbles de toute sorte, il se sent happé par cette lumière qui vient de la cour, il y remarque les entrepôts dans le fond avec leurs toîts en forme de biseau. Quelque chose lui revient à la mémoire, il a rencontré quelqu’un ici. Mais qui ? Cela reste un mystère. Il se souvient d’avoir remarqué l’aspect étrange de ce centre médical dans ces petites maisons au fond de la cour, mais rien d’autre ne lui revient.

 

bichat

 

Il décide de repartir et note sur un petit carnet les différentes impressions qui lui sont revenues. Il traverse immédiatement la rue comme pour échapper à celles-ci dont il ne comprend pas l’origine, mais avant même qu’il se retourne il sait ce qu’il va voir, cette drôle de petite maison au coin de la rue Bichat. Bichat, ce nom fait comme un écho en lui, peut-être simplement sa sonorité étrange ou alors… Une autre image lui traverse l’esprit, celle d’un enfant jouant au ballon sur le trottoir, pourquoi ? Encore une de ses innombrables questions sans réponse.

 

pourchet

 

A peine remis de toutes ces émotions, un endroit attire son attention de l’autre côté de la rue, et cette fois-ci la peur le reprend, il se demande ce qu’il va trouver derrière cette porte, il avance, essayant de cacher son angoisse qui doit se lire sur son visage. Il rase le mur, espérant que la porte soit fermée mais arrivant devant, il doit se rendre à l’évidence, elle est ouverte, prête à l’accueillir. Il se glisse à l’intérieur, se retrouve sous le porche, n’osant plus avancer, il observe le petit hôtel avec son perron et son escalier, il se souvient. Il faisait chaud, il était venu ici pour rencontrer un homme dans un des immeubles sur le côté de l’hôtel, quelque chose avait mal tourné, mais quoi ? Tout cela commence à l’agacer, il aimerait se souvenir, ne plus avoir cette boule dans le ventre et ce sentiment qu’il lui manque quelque chose. Il reste quelques minutes pour essayer de saisir d’autres impressions. Le nom « Pourchet et Cie » ne lui dit rien, par contre les cages d’escalier dans les coins de chaque côté de l’entrée, il s’en souvient. Voulant en savoir plus, il retourne dans la rue.

 

pivert

 

Il continue oubliant où il se trouve, jusqu’au moment où il tombe nez à nez avec la pancarte : « Passage Pivert », le choc est tel qu’il manque de tomber, il le sait, c’est ici, il doit y rentrer pour savoir enfin. Tremblant il rentre sous le porche, au loin la grille, cette fameuse grille, il s’en rapproche passant devant le théâtre, longeant le terrain vague, il s’en rapproche encore. Mais ne supportant plus de la regarder il se retourne, au fond du passage, la rue du Faubourg du temple, il suffirait de courir pour y retrouver la sécurité, mais c’est trop tard, il est là devant cette grille, ne pouvant plus la quitter des yeux, ne pouvant plus bouger, il se souvient.

 

 

 

Réaménagement d’une place à Montreuil – 4ème année

 

Il s’agit d’un exercice par binôme consistant à réaménager une place de marché à Montreuil près de la Croix de Chavaux en conservant la fonction originelle de marché tout en redéfinissant les usages et en trouvant une affectation les jours sans marché, la place servant actuellement de parking ces jours-là.

 

En nous promenant (Lotta Wersäll et moi) dans Montreuil, nous nous sommes aperçues qu’il n’existait aucun lieu pour s’asseoir, et également très peu d’espaces verts. Un autre aspect était que nous voulions que la fonction que nous installerions soit utilisable aussi bien lorsqu’il n’y a pas de marché que pendant le marché. Nous avons donc créer un jardin suspendu, qui sert ainsi de toit pour le marché, la végétation descendant à certains endroits dans l’espace du marché rend l’espace plus aéré. Installation également d’un petit café où les gens peuvent venir lorsqu’ils viennent faire leur marché ou bien à tout autre moment.

 

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