Paris
Ecole d’Architecture de Paris-la-Villette – 2004-2005
Décors pour des courts-métrages
Décor 1
Réalisation du décor pour un film réalisé par un étudiant du CLCF (Centre Libre du Cinéma Français), école avec laquelle l’école d’architecture de la Villette collabore dans le cadre du séminaire de 3ème cycle «Architecture et Cinéma» duquel je faisais partie. Les étudiants du CLCF ont tout un certain de nombre de contraintes que voici, quant à la réalisation de leurs films. Les tournages s’effectuent sur une demi-journée, et se déroulent de la manière suivante : 2 heures pour le montage du décor, 3h30 pour le tournage à proprement parler et ½ h pour le démontage du décor. Le réalisateur n’a le droit de ne tourner que 10 plans et n’a que 11 minutes de pellicule. Pour ce qui est du budget, le réalisateur finance son projet. Et le film doit être tourné au sein de l’école dans le studio de 35 m², les murs étant gris et à disposition se trouvent des feuilles grises de différentes dimensions, ainsi que deux portes et deux fenêtres, également grises.
La note d’intention du réalisateur pour le film était la suivante:
Inspiré de « Huis clôt » de J.P Sartre, « La salle d’attente » est l’histoire d’un homme qui a causé la mort de plusieurs personnes, y compris la sienne, et qui n’en a pas encore conscience. Cette pièce sera donc le lieu où il va devoir découvrir et assumer malgré lui le destin tragique qu’il a lui-même provoqué. A la différence de la célèbre phrase : « L’enfer, c’est les autres ! », l’image de l’enfer traité ici est l’attente : l’attente infernale du quotidien, le temps qui passe sans que personne ne puisse rien y changer.
Le réalisateur indiquait également toute une série d’éléments quant au décor, mais nous ayant dit dans le séminaire de faire fis de ces indications et de proposer quelque chose au réalisateur pour qu’il puisse y avoir un dialogue, je me suis mise à imaginer un décor, plutôt abstrait où les éléments principaux étaient les portes, symboles du passage, ici du passage de la vie à la mort et mettant en exergue le cercle vicieux dans lequel est enfermé le personnage principal. Lors de la première discussion avec le réalisateur, il s’est avéré que celui-ci avait déjà imaginé tout le décor et qu’il en avait une conception opposée à la mienne, c’est-à-dire qu’il avait une vision ultra-réaliste de ce que devait être la salle d’attente. Et celui-ci ne voulant rien entendre quant à la faisabilité, au coût du décor, ou encore à ce que pouvaient lui suggérer les autres, la réalisation de ce décor fut un peu laborieuse…
scénario
Pour ce qui est de la description du décor, tout d’abord il s’agissait de faire une seule pièce même si dans le scénario on peut voir que le personnage principal passe une porte et se retrouve dans une deuxième pièce. On doit avoir l’impression que le personnage principal est enfermé dans un cercle, qu’il n’a plus de possibilités de partir. La première pièce se transforme, par le mobilier, la lumière… L’idée de départ du réalisateur pour marquer le passage d’une pièce à l’autre, était que tout le mobilier se transforme, que les lampes également se transforment mais dû au peu de temps imparti au tournage, seul le mobilier change. Les simples chaises de salle d’attente se transforment en chaises de style gothique, les tableaux au mur changent, une chaire apparaît et de chaque côté de ce qui représente la porte de l’enfer, des masques apparaissent.
Séquence 1 : Salle d’attente. Int/Jour
Pour ce qui est de la salle d’attente à proprement parler, le réalisateur tenait à avoir une ambiance assez lourde, assez chargée, d’où les colonnes murales pour donner de l’épaisseur aux murs, colonnes renforcées par les chandeliers. Pour le revêtement des murs on a opté pour un tissu vert foncé, renforçant cette idée de lourdeur. Et plusieurs tableaux ainsi qu’une tapisserie habillent également les murs.
Séquence 2 : Salle d’attente Int/Nuit
Comme on peut le voir ici, l’atmosphère a changé, on est passé dans la «seconde» pièce, la lumière est plus bleue, les chaises ont changé, la chaire est apparue, et la porte de l’enfer prend plus d’importance.
Pour ce qui est de la porte de l’enfer, on a reconstruit une nouvelle porte, car les portes du studio ne convenaient pas, en effet il fallait une porte qui est une certaine importance par rapport à la porte d’entrée, hors les deux portes du studio sont grises et identiques.
Séquence 3 : Salle d’attente. Int/Nuit
Décor 2
Les conditions de réalisation du film et de ses décors sont les mêmes que pour le court métrage précédent.
Le sujet du film est ici la solitude, une vieille dame est dans son appartement, elle fait le ménage, lit le journal, parle avec sa voisine, téléphone à son fils… Le dialogue pour savoir ce qu’était la vie de cette dame avant, ce qu’elle aimait etc… ne fut pas facile tout d’abord par ce que la réalisatrice était chinoise et ne parlait que difficilement le français mais également car la vie de cette femme semblait vide. Si nous avions suivi les indications de la réalisatrice l’appartement aurait été vide, rien au mur, rien sur les étagères, rien que le vide. Donc la réalisation de ce décor a surtout tourné autour de l’accessoirisation, comment créer une vie à cette femme, lui donner une âme tout en suivant le souhait de la réalisatrice quant à un décor épuré. Pour cela nous avons essayé de mettre des photos évoquant des souvenirs, des plantes, des objets pouvant montrer qu’elle aime voyager… Les éléments que nous avait donner la réalisatrice étant qu’elle était comptable, que son mari était mort il y a dix ans, que cela faisait très longtemps qu’elle n’avait pas vu son fils qui a une quarantaine d’années, qu’elle n’avait pas d’animaux, qu’elle ne lisait pas particulièrement, qu’elle ne tricotait pas… Elle ne fait qu’attendre toute la journée, que quelqu’un lui parle, que son fils l’appelle…
INT/MATIN (7h) Appartement – salon
Dans une chambre simple, la lumière du jour est jaune, tons chauds, vue de dos d’une vieille dame, JULIE, qui s’assied devant la fenêtre en réfléchissant. Elle porte une jupe noire et une chemise blanche.
INT/JOUR (9h) Appartement – salon
Julie se tient debout devant la chaise, marche vers son bureau avec une canne. Elle commence à essuyer le bureau avec le chiffon. Une fois terminée, elle marche vers la droite et sort du cadre.
Puis, elle rentre par la droite du cadre avec le chiffon à la main, et s’assied sur la chaise. Une horloge accrochée au mur sonne, Julie la regarde, se lève et marche vers la porte. En passant devant le bureau, elle s’arrête et regarde s’il reste des traces de poussières. Elle redonne un coup de chiffon.
Elle lève la tête plusieurs fois pour écouter les bruits de l’extérieur. Puis elle se dirige vers la porte et l’ouvre.
Julie :
Vous êtes encore en retard aujourd’hui, monsieur.
Comment allez-vous ?
Mais quand elle ouvre la porte, le facteur est déjà parti. Il n’y a que le journal sur le paillasson.
INT/JOUR (10h) Appartement – salon
Julie est assise sur la chaise, elle lit le journal à voix basse. Peu à peu elle s’assoupit. Le téléphone sonne. Quatre, cinq sonneries, puis le silence revient. Julie se réveille en sursaut, elle semble un peu perdue. Elle se lève et se dirige vers le téléphone.
Julie :
Allô ? Allô ?
Elle regarde le téléphone dans sa main.
Allô ? Allô ?
C’est de nouveau le silence dans la chambre.
Julie raccroche, marche lentement autour de son bureau avec sa canne. Elle regarde le téléphone, le reprend et compose un numéro. Personne ne décroche, c’est un répondeur.
Vincent ? C’est maman. Tu vas bien ? Tout va bien chez moi.
Elle se tait quelques secondes.
Pense à moi si tu écoutes ce message, appelle-moi.
INT/JOUR (17h) Appartement – salon
L’horloge sur le mur sonne 17h. La lumière est désormais bleue claire. Julie est assise sur la chaise, à lire le journal. Elle se lève, se dirige vers la porte et y colle son oreille. On entend un bruit de clefs. Julie ouvre la porte.
Julie :
Bonjour Emilie. Vous allez bien ? Vous savez, mon fils m’a téléphoné
aujourd’hui.
La voisine, Emilie se tourne vers Julie
Emilie :
C’est vrai ?
Julie :
Oui, oui. Mais je ne veux pas que mon fils se fasse du souci pour moi en permanence.
Il va peut-être venir me voir aujourd’hui.
Emilie, qui a l’air fatiguée, ouvre sa porte et rentre chez elle.
Emilie :
Je suis très contente pour vous mais j’ai encore beaucoup de choses à faire. Je vous laisse. Bonne soirée.
Emilie referme la porte en laissant Julie sur le palier. Cette dernière reste debout, seule, un long moment.
INT/SOIR Appartement – salon
Julie rentre et s’assied dans son fauteuil. Le soir est bien avancé, la lumière froide rend l’appartement encore plus désolé.
FIN
Décor 3
Réalisation du décor pour un film réalisé dans le cadre d’une collaboration entre l’EAPLV (Ecole d’Architecture de Paris-la-Villette) et l’ENSLL (Ecole Normale Supérieure Louis Lumière). Au sein de l’ENSLL, un jury choisit le scénario d’un étudiant, puis nous (un groupe d’une dizaine d’étudiants) devions nous répartir les différentes tâches telles que chef décorateur, 1er assistant etc… et réaliser le décor. Nous avions à notre disposition un budget de 8000 euros. Cette année-ci la réalisation de du film fut quelque peu mouvementée, tout d’abord un premier scénario fut retenu, mais il entraîna une vive polémique et fut donc refusé par l’EAPLV. Tout cela entraîna que le scénario que nous devions initialement recevoir en janvier, nous le reçûmes fin avril et ne pensant pas que nous ferions finalement le décor, de nombreux étudiants de l’EAPLV n’étaient plus vraiment disponibles. Les premières discussions avec le réalisateur eurent lieu mi-mai, le décor devant être livré pour le 6 juillet. Nous fîmes les plans comme prévu et la construction du décor débuta mi-juin avec l’aide de constructeurs, mais le 5 juin – soit moins de 24h avant le début du tournage – après une construction mouvementée (le professeur de l’EAPLV n’étant plus là pour des raisons personnelles) le responsable du projet à l’ENSLL décida que les étudiants n’étant pas prêts (le décor étant pourtant prêt) il était plus sage d’annuler le tournage. Le film ne fut donc pas tourné… Comme nous, les étudiants de l’EAPLV, ne fûmes pas invités à la réunion sur les raisons de l’abandon (nous étions pourtant présents lors de la dite réunion) nous avons pas su réellement quelles en furent les causes… (les photos du décor sont donc prises lors d’un faux tournage entre les étudiants, le 6 juillet, date prévue)
Le scénario du film nommé : « La chanteuse de Jazz », est l’histoire d’une femme, Elina, chanteuse dans un club de Jazz qui est, comme on le peut le ressentir au cours du scénario, emprisonnée dans ce club et tente par l’intermédiaire et à l’insu d’un admirateur de s’en échapper.
Lorsque nous avons commencé les discussions avec le réalisateur et son assistant, il s’est avéré que celui-ci n’avait pas d’idées précises sur le décor mais plutôt quelques références d’ambiances vues dans différents films et il voulait que le film se déroule dans les années 70. Pour la pièce principale du club, il tenait à certains éléments comme des différences de niveaux entre la scène et le public, une arrivée dans le club par des escaliers et une ambiance plutôt intime. Et le plus important pour lui était qu’on est le sentiment que le propriétaire du club n’est pas trop investi dans la déco de son club.
Le film se déroulant dans les années 70, nous sommes partis sur des formes plutôt arrondies, organiques. Et ensuite nous nous sommes surtout aidés des différents déplacements que les personnages efféctuent les uns par rapport aux autres pour positionner la scène, les tables, les entrées…
Une des autres pièces du club est la back room, où seuls les invités peuvent aller. Le réalisateur tenait à une ambiance plus confinée encore que dans le club à proprement parler, les gens étant plus relaxés, fumant, buvant beaucoup plus, mais il ne voulait pas une ambiance psychédélique bien que situant son film dans les années 70. Il voulait encore cette fois-ci qu’on n’ai pas l’impression que le propriétaire ai fait beaucoup de travaux. Nous avons proposés de construire des grands meubles dans lesquels les gens peuvent aussi bien s’asseoir que s’allonger, grands meubles qui seraient posés dans une pièce quelconque.






















